Quand le canard se mêle à nos expressions

Avez-vous déjà donné votre langue au chat? Les journées pluvieuses de novembre vous donnent-elles le cafard? Connaissez-vous quelqu’un qui est doux comme un agneau ou rusé comme un renard? Pour être efficace, avez-vous appris à ne pas mettre la charrue devant les boeufs? Il y a longtemps que le monde animal inspire le langage des hommes pour donner du poids à un proverbe ou imager une situation.

Oiseau noble qui côtoie l’humain depuis des milliers d’année, le canard ne fait pas exception à cette tendance.

Voici donc quatre expressions connues qui font référence à ce célèbre oiseau aquatique que l’on retrouve dans tous les pays du monde.

Un froid de canard

Détrompez-vous, le canard n’est pas un animal particulièrement frileux. L’expression froid de canard proviendrait plutôt de la chasse aux palmipèdes qui a lieu normalement à l’automne. Pour réussir à attirer sa proie, le chasseur doit rester immobile pendant une longue période. Durant ce laps de temps, le froid et l’humidité ont tendance à pénétrer jusque dans les os.

Cette théorie est également appuyée par le mode de vie de cet oiseau aquatique qui n’est jamais très loin d’un cours d’eau. Par contre, lorsque la température devient assez froide pour faire geler les lacs et les étangs, le canard doit se déplacer vers des eaux plus vives, moins susceptible de se transformer en glace.

Ces déplacements, qui surviennent en période de froid, rendent le canard plus vulnérable à cause de sa visibilité accentuée. Ce contexte augmente, par la même occasion, les chances de succès du chasseur.

Il est bavard le canard

Particulièrement en France, lorsqu’on parle d’un canard, on fait référence à un journal. Quel est le lien entre un animal aux pattes palmées et une revue d’actualité?

Il semble qu’au Moyen-Âge, le canard n’avait pas nécessairement une bonne réputation. En effet, «canard» était un terme préjoratif utilisé pour désigner les individus jugés trop bavards.

C’est pourquoi, lorsque les premiers journalistes publièrent des textes relatant les événements du quotidien à l’attention de tous, le lien entre le journal et l’expression «canard» a été fait tout naturellement.

Un canard indifférent

Il suffit d’observer un canard nager pour comprendre le sens de l’expression glisser comme l’eau sur le dos d’un canard. Vous remarquerez rapidement que les plumes du canard sont imperméables. Elles forment une barrière naturelle entre le corps de l’animal et l’eau.

Ainsi, cette expression associe l’indifférence d’une personne face aux injures au phénomène des gouttes d’eau qui glissent sur le dos du canard au lieu de le pénétrer.

Marcher en canard

Une fois dans l’eau, le canard est reconnu pour nager de façon élégante. Par contre, lorsqu’il met un pied à terre, sa démarche peut sembler maladroite, voire à l’antithèse de la fluidité. C’est pourquoi on dit d’une personne qui fait des pas avec la pointe des pieds en dehors qu’elle marche en canard.

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